mercredi, 18 juin 2008
Une histoire de fou - 26 -
Signé René la Fripouille
« Toc ! Toc ! Toc ! Un deux trois ! C’est OK, ça marche… Bonjour Madame Mandarine, ici/ » « Clémentine idiot, donne-moi ce micro, je savais que je ne pouvais pas te faire confiance. Bonjour Clémentine. Votre mari est entre les mains du F.I.P.Q.C.G.F.A.D.U.S.S.B [Voir épisode 15]. Nous l’avons kidnappé dimanche soir au Tréport. Dans le tunnel du funiculaire. Vous le voyez, notre organisation a les moyens. Fifi, ex-boucher, est aussi un fin limier. Bonne nouvelle, nous avons renoncé à notre idée de le découper en petits morceaux, on a réfléchi : il nous sera plus utile entier qu’agonisant. En attendant il est au frais… Ah ! Ah ! Ah ! T’entends Dudule, au frais… quand y’ sauront… Tu vois c’est ça l’humour Dudule, prends note. Tiens, donne-moi une taffe… Hmmmmmft…ouai… c’est du bon. Qu’est-ce que je disais… ah ouai, votre mari, il est au frais. C’est bon pour ses petits neurones, et il va en avoir besoin de ses petits neurones dans les jours à venir ; il a intérêt à ce que ça carbure là haut sous son chapeau. Parce que son blog, il faut une suite maintenant, on peut plus attendre, on va devenir méchants. Fais tourner Dudule, tu te l’a joues perso là. Comment ça si je fais la vaisselle ce soir, j’hallucine. T’es pas un peu barge non, je suis le cerveau de la bande moi, t’as déjà vu le cerveau d’une bande faire la vaisselle. Donne que j’te dis. Tiens regarde, il y a Josette dans le jardin. Voilà, tranquille, ça marche à tous les coups. La porte ! Merde ! Les courants d’air ! Je supporte pas ! Hmmmmmft…ouaaaii… Bon… ma p’tite dame, c’est pas le tout. Qu’est-ce que je disais. Vache il est fort… On l’a peut-être laisser pousser trop longtemps. Alors. Ah ouai. Surtout ne prévenez pas la police, parce que là, votre tendre amour, il tomberait de haut. De très très haut. Or il sait pas voler le Antoine hein ? Il sait en faire des choses, mais voler, il peut pas, moi non plus je ne peux pas, Dudule non plus, personne ne peut voler. Icare, oui, je veux bien, mais faut voir comment ça s’est terminé… Ah ! Ah ! Ah ! Ah ! Bon. De l’ordre, de la méthode. Qu’est-ce que tu veux Dudule ? Si, je t’assure, le l’ai vue dans le jardin, je ne comprends pas. Tiens, on s’en refait un autre ? Je termine avec la donzelle. Bon ma p’tite dame, votre mari a son sort entre ses mains, un portable connecté OuiFi 3e génération X01Beta. Avec ça, hein, faut pas déconner. Bon aller, à bientôt. On vous tient au courant. Signé : René la Fripouille. Merde, j’aurais peut-être pas dû donner mon blaze.. Donne une taffe Dudule, non je ferai pas la vaisselle ce soir, t’es têtu merde. Hmmmmmft…ouaaaii… Aller, tu files à la Poste avec la cassette. Il est où le bouton pour arrêter ce truc. Ca doit être ça. Cric/ »
Silence.
« Myrtille, c’est épouvantable ! Il est entre les mains de dingues. Des psychopathes. Faut faire quelque chose.
- Va falloir être fortes Clémentine. Se débrouiller seules, se concentrer, rester calmes, lucides, déterminées et agir… On va le sauver ton mec. Le sortir de leurs griffes. Tu vas voir. Ni une ni deux. Ils nous connaissent pas René la Fripouille, Dudulle et l’autre là, Fifi le Boucher, ils ne savent pas à qui ils ont affaires. Va falloir qu’ils nous parlent sur un autre ton. J’ai une idée.
- Déjà ?
- Oui. Calme-toi. Voilà mon plan."
20:58 Publié dans Une histoire de fou - partie III | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : histoire de fou, rené, fripouille, courant d'air
lundi, 16 juin 2008
Une histoire de fou - 25 -
10 h 10. Bureaux de l'AFP, Paris.
"Tas de sagouins ! Quel est le crétin qui a rédigé la dépêche sur le disparu du Tréport ? Il se croit aux Guignols ou quoi ? Viré !"
18:55 Publié dans Une histoire de fou - partie III | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : afp, paris, une histoire de fou
Une histoire de fou - 24 -
Dépêche AFP. Urgent. 10 h 05
Mystérieuse disparition
Hier soir vers 17 heures HLT (heure locale du Tréport), un homme a bien mystérieusement disparu dans le funiculaire qui dessert les falaises les plus hautes d'Europe nous vous le rappelons, avec 110 mètres de haut, ce qui n'est pas rien. En effet, alors qu'il était entré dans la cabine en gare basse, il n'est jamais arrivé en haut. La cabine était vide ! C'est le poinçonneur qui l'a dit à notre envoyée spéciale sur place, Eglantine (sympa comme fille, plutôt bien foutue) : « Bah oui, le type, il s'est installé dans le funiculaire après que je lui ai poinçonné son ticket, puis la cabine est partie. Il était seul dedans. Comme c'était le dernier voyage, j'ai appelé Gaston, mon collègue d'en haut, par toki woki, pour savoir s'il avait bien reçu le colis, et bé non. Que d'chis. Y'avait pas plus de bonhomme en haut que de cheveux sur le crâne à Gaston. Incroyable. C'est la première fois que je vois ça. Il s'est volatilisé le gus. Ca a dû se passer dans le tunnel avant l'arrivée, mais quoi ? »
Quoi ? C'est la question que se posent les gendarmes qui mènent l'enquête et qui sont pour l'instant en plein brouillard (par contre il fait très beau au Tréport, comme d'hab', c'est le microclimat). D'où ce dialogue surréaliste entendu ce matin dans les locaux de la gendarmerie, rapporté par Eglantine (une grande pro, elle ira loin) : « Quoi ? » « Quoi quoi ? » « Quoi quoi quoi ? » « Quoi quoi quoi quoi ? »
L'enquête suit son cours.
18:51 Publié dans Une histoire de fou - partie III | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : disparition, tréport, funiculaire, enquête, afp
jeudi, 12 juin 2008
Une histoire de fou - 23-
Mon doux, mon tendre amour,
C’est épouvantable ! Toi qui avais les dents du bonheur… Comme tu dois fouffrir. Excuse-moi, je ne l’ai pas fait exprès. Myrtille est avec moi. Elle est en pleine forme. Oui, j’avais un peu peur toute seule ici sans toi, et comme il lui restait des jours de congé à prendre, voilà… Elle s’est installée hier soir. Bon, il faut que tu te soignes au plus vite, fais gaffe aux infections. Les flics sont passés ce matin, rapport au chien et au maniaque d’en face. Ils ont porté plainte tous les deux à fe qu’il paraît. Arrête Myrtille quoi. Bien entendu je n’ai rien vu, rien entendu. Mon pauvre chéri. Je pense beaucoup à toi. Je t’embraffe très fort. Laisse ce verre Myrtille, t’as trop bu.
Ta bien aimée,
Clémentine
21:07 Publié dans Une histoire de fou - partie III | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : une histoire de fou, flics, chien, aveugle
mardi, 10 juin 2008
Une histoire de fou - 22 -
F’est un fale coup
Clémentine,
Hier, Mifel, le patron du « P’tit bar », le troquet où ve vais boire un petit mufcadet le foir, ingognito bien fûr, chapeau, lunettes de soleil, imperméable, m’a invité à une partie de pêfe fe matin. Du coup me voilà aux aurores fur le port, prêt à braver les éléments. La météo annonfait un grain, fe qui, en langage marin, fignifie un gros coup de vent ma férie, presqu’une tempête fi tu préfères. Mais fe n’est pas fa qui allait m’arrêter. Alors que ve m’apprêtais à grimper fur fon bateau, ve me fuis pris le pied dans un cordage qui trainait là merde ! f’est du n’importe quoi, f’est le foutoir fur fe quai !. Fa a été la gamelle du fiècle, avec les dents de devant qui ont explosé contre le bateau, puis le plongeon dans le port. Comme v’avais mis des bottes de pêfeur, elles fe font remplies d’eau et v’ai failli mourir noyé. Heureusement, Mifel m’a récupéré avec fa gaffe. Il y avait un attroupement fur le quai. Ils venaient au fpectacle fes cons. Ve fuis rentré dare dare à l’appart mais ve fuis pas pafé inaperfu dans le Tréport. Ve fuis mal, ve fuis mal.
Et toi, comment fa va ? Et les voisins ?
Ton Antoine
Poft fcriptum (f’est dur à dire) : maintenant ve peux m’afoir. F’est déjà fà.
21:05 Publié dans Une histoire de fou - partie III | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : pêcheur, gamelle, dents, incognito, une histoire de fou
dimanche, 01 juin 2008
Une histoire de fou - 21 -
(Attention, scène difficile, éloignez les enfants.)
Clémentine,
J’ai fait un cauchemar épouvantable. Mes genoux étaient bloqués. Je ne pouvais plus plier les jambes. La seule solution était de m’enlever 10 cm de chaque jambe, juste au-dessus des chevilles, dixit les chirurgiens. Et aller hop ! un coup de scie électrique, ils m’ont enlevé 10 cm de chaque guibole puis m’ont reposé sur les pieds. C’était très douloureux. Surtout pour marcher. Ce n’était pas cicatrisé et je n’avais pas de béquilles. Et tu sais quoi ? Ce qui me démoralisait le plus, c’était d’avoir perdu 10 cm. Déjà que je ne suis pas très grand, je devenais vraiment petit.
Je pense que le type qui est venu te voir c’est Fifi. Il faut que tu te méfies. Pourquoi tu n'invites pas Myrtilles à la maison quelques jours ?
De toutes les façons, là où je suis, il ne me trouvera pas. Tu peux dormir sur tes deux oreilles.
Et comme a dit heu… je sais plus qui : « Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort.» Nietzsche, voilà c’est ça, ça me revient.
Antoine
21:19 Publié dans Une histoire de fou - partie III | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : cauchemar, histoire de fou, amputation
samedi, 31 mai 2008
Une histoire de fou - 20 -
Mamma Mia !
Antoine,
Tu as dû en baver sur ton vélo mon chou. Tu es drôlement courageux quand même. Je sais maintenant pourquoi je t'ai épousé. Bon. Je te résume. Ca a été le défilé aujourd’hui. D’abord il y a eu le voisin aveugle qui est venu me demander si je n’avais pas vu son chien. Evidemment je lui ai répondu que non, que si je le voyais je lui ferai signe, et que si je pouvais lui rendre service, il pouvait compter sur moi. En repartant il s’est pris le poteau électrique sur le trottoir, tu sais, celui qui est mal placé. Ensuite le maniaque d’en face. Il est revenu de vacances cette nuit ; il a fait un boucan d’enfer, tu ne peux pas imaginer. Et sa femme qui gueulait : « Mamma mia ! La piscina ! Mamma mia ! La piscina, la piscina ! (elle est Italienne je crois). Finalement j’ai pris un somnifère et je me suis pieuté. Bon bref, il est venu sonner ce matin pour savoir si on n’avait rien vu ou entendu. « Bé non » je lui ai répondu. « La soirée a été calme, je ne vois pas. » J’étais quand même mal à l’aise parce que je me suis aperçu qu’il y avait un filet d’eau qui coulait du garage… Finalement il est reparti. Complètement groggy. Une loque.
Et puis après ça a été un drôle de type. Franchement louche. Il a toqué à la porte. Je lui ai ouvert.
« Il est là le Antoine ?
- Ah que non » je lui ai répondu, comme ça, les nerfs.
- Et que il est où le Antoine ?
- Ah que je sais pas. »
Il y a eu un silence.
« Ah ouai ?
- Ouai. »
Et il est reparti.
Tu peux être fière de moi hein, parce que j’ai drôlement flippé.
Fais attention à toi.
Clémentine.
P.S. : tu peux t’asseoir à nouveau ?
11:36 Publié dans Une histoire de fou - partie II | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : piscine, italie, louche, bien belle histoire
jeudi, 29 mai 2008
Une histoire de fou - 19 -
La fête des voisins
Clémentine,
D'accord tu voulais me faire une surprise. Mais vouloir sortir la voiture du garage alors que tu n'as plus conduit depuis 20 ans, avec un coup dans le nez, ce n'était pas une bonne idée. Bon, pour la voiture, tant pis, on verra bien quand je reviendrai. Surtout n'y touche plus. Elle est bien dans le garage ; elle va sécher. Heureusement que personne n’est passé dans la rue à ce moment-là. Quant au chien du voisin, ni vu ni connu, je l'ai balancé dans le premier champ que j'ai trouvé. Je ne sais pas ce qu'il faisait là ; c'est curieux qu'un aveugle ne fasse pas plus attention à son compagnon. Par contre, je ne sais pas quelle tête va faire le maniaque d'en face quand il va rentrer de vacances... Passe encore la trouée dans la haie... Mais c'est le jardin… il a subi un sérieux lifting. « Mon petit Versailles » qu'il disait. C'est Versailles-chantiers maintenant (Ah ! Ah ! Tu vois, même avec cette avalanche de coups durs qui nous tombent dessus, je garde un solide sens de l'humour). Faut dire que le dépanneur en a bavé pour sortir la voiture de la piscine. Remarque, avec les billets que je lui ai glissés dans la poche pour qu'il se taise...Le pire, c'est quand il s'est embourbé avec son gros 4x4 et qu'il a voulu utiliser son treuil ! L'arbre centenaire n'a pas résisté. Les colonnes romaines non plus, ni la sculpture, mais ça c'était sûr. Simplement il devenait enragé. La fierté tu comprends. Heureusement que j'ai pensé à débiter la cabane de jardin et glisser les planches sous les roues. J'ai l'impression que personne ne nous a vus et qu'on n'a pas laissé de traces ; enfin je veux dire dans la rue. Avec un peu de chance, le maniaque ne saura jamais ce qu'il s'est passé. Ça va lui rappeler les bombardements de 39. Il nous a assez saoulés avec ça. Bon, sinon je suis bien arrivé au Tréport. Mais je ne peux plus m'asseoir. Forcément, 10 heures de vélo, quand on n'a pas l'habitude... Surtout que j'avais le clébard sur le porte-bagages au début. Il pesait une tonne ce veau. J’étais drôlement content de m’en débarrasser. Sauf que la roue arrière était complètement voilée ; j’avais l’impression d’être sur un manège. Sur 150 bornes, c’est un peu longuet… Bon, on se tient au courant. Pas de panique, on va s’en sortir.
21:09 Publié dans Une histoire de fou - partie II | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : voisins, jardin, chien, vélo, piscine, histoire de fou
samedi, 24 mai 2008
Une histoire de fou - 18 -
Une oreille pour commencer
« Regarde ce que j’ai reçu.
- Aaaaaahhhh ! Quelle horreur ! Qu’est-ce que c’est ? C’est horrible ! Aaaaaaaahhhhh ! C’est épouvantable ! Je vais m’évanouir…
- Du calme Clém’. Pas de panique. !
- Mais c’est horrible ! Et regarde la cuisine ! Il y a du sang partout !
- C’est une oreille de cochon. Fraichement coupée. Il y a une cassette avec. Ecoute.
- Une cassette… dis donc, c’est pas moderne
- Ecoute.
- « Un, deux, top ! top ! Ca marche. » « Bah… évidemment que ça marche, il est tout neuf. Aller vas-y. » « Bon, Antoine, tu vois qu’on ne rigole pas. On a sacrifié un cochon pour toi. On l’a piqué cette nuit chez Emile, le voisin. Un de plus ou un de moins, il ne verra pas la différence ce bouseux. Il en a plein son hangar. Bien fait pour lui. De toutes façons, depuis qu’il est sortie avec Josette/… » Crrrrr… Crrrrr… « Donne-moi ce micro. T’es trop con. Donne… Pourquoi tu lui racontes ta vie. On s’en fout d’Emile. T’es vraiment une brèle. Tiens, vas voir dans le jardin si Josette y est. Il y va en plus ! Bon, peu importe. Gros fainéant. Je te rappelle que l’ultimatum c’est demain. Si tu ne donnes pas une suite valable et palpitante à ton blog, c’est une de tes jolies petites oreilles que ta femme recevra par la Poste. Puis ensuite ce sera la deuxième. Et puis un doigt de pied, et puis un deuxième, et puis tous les doigts de pied, le pied, l’autre, la jambe, le genou, et ainsi de suite. C’est tout le Antoine en petits morceaux qu’elle recevra ta gonzesse. Signé le F.I.P.P… enfin le Front international pour que ce gros fainéant d’Antoine donne une suite à son blog.»
- Merde…
- Comme tu dis.
- Qu’est-ce que tu vas faire ?
- J’en ai parlé à Mérou.
- Et ?
- Il a un petit appartement au Tréport. Il m’a proposé d’y aller quelques jours, le temps que ça se calme. J’hésitais jusque là, mais maintenant, avec ça.
- Qu’est-ce que tu vas lui dire ?
- D’accord.
- Quoi d’accord ?
- Je vais lui dire d’accord. Ca va lui faire plaisir… Et puis je n’ai plus le choix. C’est ma vie qui est en jeu. Ce sont des dingues. Ca me paralyse. J’ai peur. Je n’ai plus d’idées pour le blog.
- Alors vas-y, file. Et que la force soit avec toi.
- Tu dis n’importe quoi.
- Oui. C’est les nerfs. Sers-moi un whisky. Un double. Bien tassé.
- A 9 heures du mat’ ?
10:15 Publié dans Une histoire de fou - partie II | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cochon, oreille, meurtre, tréport, et tout plein de choses
mercredi, 21 mai 2008
Une histoire de fou - 17 -
D'accord
« Bonjour monsieur, qu'est-ce qui vous amène ?
- Ma femme.
- Comment?
- C'est ma femme qui a voulu que je vienne vous voir.
- Ah... et pour quelle raison ?
- Parce que je me marre la nuit.
- Ah...
- Oui, je pense souvent à la même histoire, et ça me fait marrer.
- Ça vous arrive souvent ?
- Non, pas vraiment... Quand je me réveille la nuit.
- Ah... et c'est quoi cette histoire ?
- Le pull à rayures.
- Mais elle est excellente : « Salut, t'as vu, j'ai acheté un pull à rayures » et l'autre qui répond : « A qui ? ». Ah! Ah! Moi aussi elle me fait marrer cette histoire. Où est le problème ?
- Je ne sais pas, c'est ma femme qui/...
- Votre femme, votre femme... vous avez le droit de vous marrer la nuit quand même.
- Oui...
- Bon alors. Non, vous allez lui expliquer que ce qui vous fait rire ne la fait pas forcément rire, et inversement, et que c'est comme ça.
- D'accord.
- Et que ce n'est pas grave.
- D'accord.
- Ca fait 20 euros.
- D'accord.
- Arrêtez de dire d’accord tout le temps !
- D’accord. Heu, excusez-moi, je suis perturbé en ce moment.
- D’accord… enfin, zut quoi ! Faites gaffe quand même, vous faites du sport ?
- Bah, du vélo… oui, non, mais c’est à cause des lettres, des lettres de menaces… Je ne dors plus.
- Des lettres de menaces ? Expliquez-moi ça.
- D’accord… Je suis désolé.
- C’est terrible ça…bon alors, ces lettres?
09:17 Publié dans Une histoire de fou - partie II | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : folie, médecin, histoire, plein de trucs
mardi, 20 mai 2008
Une histoire de fou - 16 -
Du mérou au menu
Depuis cette histoire de lettre je dors mal. J'essaye de penser à des trucs drôles pour passer le temps. Il me vient souvent à l'esprit l'histoire du pull à rayures. Deux personnes se rencontrent et l'une dit à l'autre : t'as vu, j'ai acheté un pull à rayures. Et l'autre de répondre : à qui ? Bon, moi ça me fait rire… C'est comme ça. Alors je me retrouve à 2 heures du mat' à me raconter cette histoire, en variant les personnages : la gardienne et le boucher, P.P.D.A. et Fernandel, Arlette et le facteur, le prince de Galles et Coluche, mon patron et la poissonnière - enfin, je m'amuse bien.
La nuit dernière, j'ai fait se rencontrer Depardieu et Gabin ; je me gondolais franchement. Clémentine s'est réveillée :
« Qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- Rien, c'est nerveux.
- Tu te marres pour rien à 2 heures du mat ?
- Hum.
- Dis donc, ce n’est pas rassurant..
- Mais non, t'inquiète, tu sais, c'est l'histoire du pull à rayures. Elle s'est tournée vers moi.
-Tu veux dire que cette histoire te fait rire en pleine nuit ?
- Oui.
- OK. Alors là, c'est carrément inquiétant. Demain tu vas voir un médecin. Vas voir Mérou, je sais que tu ne l’aimes pas, mais c'est un bon."
Et elle m'a tourné le dos.
Ce matin elle me regardait bizarrement. Les filles aussi. Elles étaient toutes gentilles avec moi et me demandaient sans arrêt si je n'avais besoin de rien. La grande m'a même fait griller une tartine et Clémentine a respecté son créneau horaire dans la salle de bain. Du coup je m'inquiète. Et si je devenais fou ?
08:19 Publié dans Une histoire de fou - partie II | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : blague, médecin, insomnie, folie
dimanche, 18 mai 2008
Une histoire de fou - 15 -
'Tain, ça craint
« Clémentine ?
- Oui ?
- Viens voir.
- …
- Regarde, j’ai reçu ça ce matin.
- C’est quoi ?
- Lis.
- Alors : « Gros fainéant », ça!
- Oui, bon ! Lis la suite.
- Alors,
« Gros fainéant », donc
« Ceci est le troisième et dernier avertissement. Si d’ici une semaine, dimanche 25 mai, vous ne donnez pas une suite à votre blog, nous mettrons nos menaces à exécution et nous vous enverrons Fifi, notre tueur à gages. » Signé : le "F.I.P.Q.C.G.F.A.D.U.S.S.B., Front international pour que ce gros fainéant d’Antoine donne une suite à son blog." C’est quoi ce délire, c’est une blague ?
- Mais non. Je t’assure. C’est la troisième lettre qu’ils m’envoient.
- Un tueur à gages ! Ils n’y vont pas de main morte !
- Très drôle !
- Pis dis donc, le 25, ça tombe mal, c’est la fête des mères. Je vais être privée de cadeau s’il te trouve le Fifi. Tiens à propos, j’ai vu chez Sephora/…
- C’est tout ce que ça te fait ? J’ai un tueur à mes trousses et tu penses à tes cadeaux ?
- Mais non, pas de panique mon chou. C’est sûrement une blague. Peut-être un des excités qui te laissent des commentaires. Je t’avais dit que c’était une mauvaise idée ce blog. Enfin, tu sais ce qu'il te reste à faire..."
12:22 Publié dans Une histoire de fou - partie II | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : tueur à gages, menace, fainéant
dimanche, 16 mars 2008
Une histoire de fou - 14 -
Du risotto sous les palmiers
Bon, je vous résume. Parce que c'est un peu long. Clémentine est revenue. Faut dire que j'ai sorti le grand jeu. Après m'être remis de ma gueule de bois, j'ai sauté dans un avion pour les Seychelles, mais pas les mains vides : avec un plat de risotto. Ca l'a toujours fait craquer. Ca n'a pas manqué. Quand elle m'a vu dans le hall de son hôtel avec du risotto elle a fondu en larmes. Moi aussi. Finalement tout le monde s'est mis à pleurer : Myrtilles, "Body-body" qui se rendait compte qu'il avait affaire à plus fort que lui, et le personnel de l'hôtel, pris par l'émotion.
Après une nuit torride, indescriptible de sauvagerie, de fusion, d'inventions, de découvertes, de cris, de râles, de surprises, d'étonnement, de tous les possibles, du franchissement de tous les tabous, épuisés mais repus, nous avons décollé destination Paris.
08:33 Publié dans Une histoire de fou - partie II | Lien permanent | Commentaires (21) | Envoyer cette note | Tags : couple, texte, risotto, nuit torride
jeudi, 06 mars 2008
Une histoire de fou - 13 -
Un vélo dans le canal
Je suis content, je n'ai pas repris la cigarette. Par contre, pour ce qui est du jaja, j'en tenais une bonne ce matin. La comprenote en vrac, la grande valse, le feu à tous les étages. Pour me détendre je suis parti faire un tour en vélo. Mais là, patatras... Juste à l'endroit où le sentier fait un coude, une trotinette a surgi devant moi. J'ai freiné comme un malade, trop tard, j'ai fini dans le canal. Seule consolation : la mère du petit con était canon, ça... y'a rien à dire. Mais j'étais dans un tel état de nerf, de fatigue, de sidération, que j'ai été incapable d'articuler deux mots. Elle a dû me prendre pour un abruti.
Je me demande si elle n'a pas raison.
Antoine
21:41 Publié dans Une histoire de fou - partie II | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sidération, malade, vélo
jeudi, 28 février 2008
Une histoire de fou - 12 -
Ca change du muscadet
Salut,
Ecoute, tu ne peux pas savoir ce que c'est bon de se faire masser par un beau jeune homme – très beau - face à la mer d'un bleu, d'un bleu-vert, d'un bleu... je ne trouve pas les mots tiens. Tellement c'est beau. Et envoûtant. Oui, avec Myrtille on s'est dit qu'une petite semaine aux Seychelles nous ferait le plus grand bien. Alors voilà, on s'est jetées dans le premier avion après une nuit bien arrosée, destination un palace pour milliardaire. Bon, je te laisse parce que mon masseur me propose de me ramener à ma chambre pour un massage « body-body ». Je ne raterais ça pour rien au monde. Avant on a le droit à un cocktail maison. Ca change du muscadet...
Clémentine
Merci pour tout hein, vu que c'est Clem' qui invite. J’ai voulu payer ma part mais elle a insisté, alors…
Myrtille.
08:20 Publié dans Une histoire de fou - partie II | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : muscadet, palace, massage, copines
mercredi, 27 février 2008
Une histoire de fou - 11 -
Ce n'est pas possible
Alors là, alors là… alors là… j’ai les fils qui se touchent. Je ne peux pas y croire. Clémentine. Toi. Moi. Enfin, ce n’est pas possible. Pas nous. Pas comme ça. Après toutes ces années. Tout ce que nous avons vécu. Ce n’est pas possible. C’est promis, je ne t’embêterai plus avec mon blog. Et puis je ne sais pas faire le café. Tu ne peux pas me laisser comme ça.
Antoine
12:19 Publié dans Une histoire de fou - partie II | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : couple, texte
mardi, 26 février 2008
Une histoire de fou - 10 -
On va s'éclater
Puisque tu veux le savoir, et bien oui, effectivement, on va s'éclater comme des folles avec Myrtille, et pas qu'un peu. Le compte commun, il va exploser ; je vais le pulvériser, l'anéantir, le réduire à néant ; ça va être un feu d'artifice, l'éclate totale, la grande débauche, le lâchage intégral, le grand frisson. Oui, je vais en profiter au maximum, et merde, merde et merde.
Clémentine
08:18 Publié dans Une histoire de fou - partie I | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : couple, départ, réglement de compte
lundi, 25 février 2008
Une histoire de fou - 9 -
Je maîtrise la situation
Chers lecteurs,
C'est incompréhensible. C'est une histoire de fou. N'y faites pas attention. Les choses vont bientôt rentrer dans l'ordre. Je maîtrise.Antoine
20:34 Publié dans Une histoire de fou - partie I | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fou, histoire, texte
Une histoire de fou - 8 -
Fais gaffe à tes os
C'est Myrtille. Ne cherche pas à revoir Clémentine. Laisse ma copine tranquille sinon je t'envoie Dédé, mon ex, tu te souviens, l’ancien champion de judo. A bon entendeur... salut.
P.S : t'es vraiment le roi des cons.
19:03 Publié dans Une histoire de fou - partie I | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : copine, menaces
Une histoire de fou - 7 -
Qu'est-ce qu'il se passe ?
Antoine, c'est Laurent. Qu'est-ce qui se passe ? Je ne comprends rien à cette histoire. Appelle-moi.
P.S. : pense à me rendre la cassette.
19:00 Publié dans Une histoire de fou - partie I | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ami, texte


