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mardi, 29 janvier 2008
L’heure de la fouine
13 h 30, c'est son heure. Il entre dans la brasserie avec son regard de fouine, raide comme un piquet, et s'installe devant le comptoir. C'est le coup de bourre ; les plats du jour jaillissent de la cuisine, la machine à café est à plein régime, les additions sont attendues, les deux garçons courent dans tous les sens. L'homme, costume-cravate, attend un moment en jetant des coups d'œil furtifs à gauche à droite. Un demi se pose devant lui. Il l'attrape, le porte à ses lèvres et boit tout ce qu'il peut, le coude bien haut, la tête en arrière, les yeux plissés. La pomme d'Adam s'affole. Il repose le verre. Il en reste un fond, avec de la mousse encore toute frémissante. Il dépose quelques pièces sur le zinc. Soupèse le verre. Son regard perçant fait un tour d'horizon, puis il avale le reste du demi. Toujours sans un mot, après un vague geste du bras vers le patron, il se dirige la tête haute vers la sortie et disparaît dans la rue.
(Paris 18)
22:25 Publié dans Nez au vent - II | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bière, bistrot, texte




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