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vendredi, 16 septembre 2011

60, une ligne à haute tention

Paris, mardi matin 13 septembre 2011, ligne 60. Le bus arrive à l'arrêt Jules Joffrin. Le chauffeur nous apprend que c’est le terminus ; les voyageurs qui veulent continuer doivent  attraper  celui qui attend devant. Branle-bas de combat, affluence à la sortie. Un type derrière moi râle « aller, aller » et commence à pousser un peu. Je lui fais remarquer qu’une vieille dame descend avec difficulté en se débattant avec sa canne. Il grommelle. Puis une fois sur le trottoir me lance : « Y’en a qui bossent, socialo de merde ! »
Bon. Prends ça dans les dents, la journée commence bien. Mais je n’avais pas tout entendu...

Le 60 repart cahin-caha.
Une place se libère. Un homme, la soixantaine,  rondouillard, un peu tassé, s’assied. A côté de lui une femme qu'il semble connaître. Une dame noire est assise de l’autre côté de la travée. L’homme lance alors à sa voisine, tout haut : « C’est le monde à l’envers, les nègres sont assis et les blancs sont debout ».
Je réagis à ses propos. "De quoi je me mêle, je t'emmerde", éructe- t-il. Sa voisine acquiesce. Je réagis une nouvelle fois. "Je t'emmerde". La voisine opine. Nouvelle tentative. "Je t'emmerde". La voisine approuve. Puis ils se lèvent pour descendre ; en passant à ma hauteur la brave voisine me lance : "La France, c'était autre chose avant".
J'ai fini mon trajet à pieds.

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