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dimanche, 16 mars 2008

Une histoire de fou - 14 -

Bon, je vous résume. Parce que c'est un peu long. Clémentine est revenue. Faut dire que j'ai sorti le grand jeu. Après m'être remis de ma gueule de bois, j'ai sauté dans un avion pour les Seychelles, mais pas les mains vides : avec un plat de risotto. Ca l'a toujours fait craquer. Ca n'a pas manqué. Quand elle m'a vu dans le hall de son hôtel avec du risotto elle a fondu en larmes. Moi aussi. Finalement tout le monde s'est mis à pleurer : Myrtilles, "Body-body" qui se rendait compte qu'il avait affaire à plus fort que lui, et le personnel de l'hôtel, pris par l'émotion.
Après une nuit torride, indescriptible de sauvagerie, de fusion, d'inventions, de découvertes, de cris, de râles, de surprises, d'étonnement, de tous les possibles, du franchissement de tous les tabous, épuisés mais repus, nous avons décollé destination Paris.

mercredi, 27 février 2008

Une histoire de fou - 11 -

Alors là, alors là… alors là… j’ai les fils qui se touchent. Je ne peux pas y croire. Clémentine. Toi. Moi. Enfin, ce n’est pas possible. Pas nous. Pas comme ça. Après toutes ces années. Tout ce que nous avons vécu. Ce n’est pas possible. C’est promis, je ne t’embêterai plus avec mon blog. Et puis je ne sais pas faire le café. Tu ne peux pas me laisser comme ça.

Antoine

lundi, 25 février 2008

Une histoire de fou - 9 -

Chers lecteurs,

C'est incompréhensible. C'est une histoire de fou. N'y faites pas attention. Les choses vont bientôt rentrer dans l'ordre. Je maîtrise.

Antoine

Une histoire de fou - 7 -

Antoine, c'est Laurent. Qu'est-ce qui se passe ? Je ne comprends rien à cette histoire. Appelle-moi.

P.S. : pense à me rendre la cassette.

Une histoire de fou - 6 -

Tu as été trop loin. Tu me fais peur. Je ne te reconnais plus. Je pars. Ne cherche pas à me retrouver. Je serais capable de te tuer.


Clémentine.

dimanche, 24 février 2008

Une histoire de fou - 4 -

Vider le compte commun, chapeau ! Quelle classe ! je suppose que tu vas tout claquer avec ta copine Myrtille. Je sais que tu es chez elle.

Antoine

samedi, 23 février 2008

Une histoire de fou - 3 -

Il ne maîtrise rien du tout cet enfoiré. Quand il a vu le message que je venais de poster il est devenu fou. Il m'a dit « d'accord, puisque c'est ce que tu veux », et il est reparti à la cave. Je ne l'ai pas entendu revenir ;  il a réussi à me passer des menottes par surprise. Des menottes !  Il est vraiment barge. Ca devait être avec son déguisement de cow-boy qu’il garde comme une relique. Un grand maniaque. Après il m'a dit « comme ça je vais être tranquille ». Pas de bol, j'ai trouvé les clefs dans son tiroir à chaussettes (quand je vous disais...). Je ne peux pas rester avec ce dingue. Il faut que je pense à moi. Je vide le compte commun et je me fais la malle. Tchao la compagnie. Pour être tranquille il va être tranquille ce con.

Clémentine

Une histoire de fou - 2 -

Chers lecteurs, tout va bien, rassurez-vous. Ma femme a eu une crise folie. Je ne sais pas ce qui lui a pris. Elle ne savait plus ce qu'elle disait. J'ai réussi à la calmer. Je maîtrise la situation. Tout continue comme avant. Je ne sais pas ce qu’elle a fait de la photo. Dés que je la retrouve je la publie. Vous allez voir… houuuuu…

Une histoire de fou - 1

Vous qui lisez ce blog, je vous en supplie, écoutez-moi, enfin je veux dire lisez-moi. Mon mec est devenu fou. Il est descendu à la cave, j'en profite. Il voulait publier une photo de moi nue. Oui, et dans une pose un peu... enfin, vous voyez ce que je veux dire. On avait fait ça un soir où on avait pas mal picolé. On était jeune, on était beau, on sentait bon le sable… j’déconne moi... Bref. Il m'a dit que ça ferait venir un tas de gens sur son blog. J'ai réussi à trouver le mot de passe du blog, dans son tiroir à chaussettes. J'ai pu virer la photo et changer le texte. Ce type est un grand malade. Ca y est, il revient, au se/…

mercredi, 06 février 2008

Et puis quoi encore ?

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"Moi ce que j’aimerais dans les Mac Do, c’est des piques en bois fourchues, comme dans les Fish and Ships en Angleterre, pour manger les frites. Et puis qu’ils diffusent FIP aussi. Alors là les filles, déjà, peut-être qu’on irait plus souvent.
- T'es sérieux là, des piques en bois et FIP ?
- Oui.
- C'est pitoyable."

(Rue Poulbot, Paris 18)

mardi, 05 février 2008

Un partout la balle au centre

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"Ca fait combien de temps ?
- 15 ou 16 ans je crois.
- La vache ! C'est dingue, qu'est-ce que ça passe vite !
- Tu prends quoi ?
- Comme toi, un café.
- (...)
- (...)
- T'as pris un sacrés coup de vieux dis donc, des cheveux blancs et tout. J'ai retrouvé des photos avant de venir. T'étais drôlement beau... Quand on voit maintenant. Pffffff... C'est fou ce qu'on change. Je suis séchée."
Moi aussi. Je ne regrette pas d'être venu... Toujours langue de vipère. Je ne dis rien... préparer la riposte. Elle va être fumante. Tu l'as bien cherché ma vieille. Tu vas le prendre en pleine poire le scud.
"T'es enceinte ?
- Bah non, pourquoi ?
- Non, comme ça."

(Un banc, Alpes-de-Haute-Provence)

vendredi, 01 février 2008

Une chouette soirée

 
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Mauvaise soirée l'autre jour. En rentrant, ma compagne a découvert l'état de sa brosse (voir note précédente) et m'a froidement déclaré que ce n'était "même plus la peine de lui adresser la parole". De mon côté, le midi, j'avais dû aller chez un toubib près du boulot pour mon ongle. Mal m'en avait pris. C'est un charcutier, un grand malade; il a souri quand il a raté la piqûre d'anesthésie. "C'est rare, mais ça arrive", il m'a dit. Après il s'est éclaté avec ses outils de torture. Bref, j'ai douillé.
Nous avons boudé toute la soirée chacun dans son coin. Moi clopin-clopant et souffrant la martyr parce que le chien a eu la bonne idée de se jeter subitement sur mon pied bandé - il a dû croire que je voulais jouer  à un nouveau jeu ce con -, elle les cheveux en pétard et "complètement foutus" parce qu'elle avait vaille que vaille utilisé son râteau sa brosse après le bain qu'elle avait pris pour se détendre.
Il n'y a pas eu non plus de réconciliation sur l'oreiller. Alors que je tentais une timide mais courageuse approche, elle m'a lancé, très dure : "Tu peux aller te brosser." Je ne sais pas si c'était de l'humour.

(Rue Ordener, Paris 18)

mercredi, 30 janvier 2008

Avis de tempête

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"Allo ? oui, c'est moi, t'es arrivée au boulot ? (...) Bon. Dis donc, ils sont où les ciseaux à ongles ? (...) Oui c'est pour ça que je t'appelle. Ca fait un quart d'heure que je les cherche figure-toi (... ) Moi aussi j'ai du travail, qu'est-ce que tu crois. Je vais être en retard d'ailleurs (... ) Si, parce que moi je les range toujours à la même place (... ) Non, ça ne peut-être que toi (... ) Non, c'est maintenant que j'en ai besoin (...) D'accord. Je vais faire pareil avec ta brosse (...) Si j'en suis capable (...) Ca m'est égal, tu n'a qu'à te souvenir où tu les as mis (...) Non je ne fais pas toute une histoire pour rien, c'est toi (...) Je te rappelle que j'ai un ongle incarné (...) Evidemment que c'est pas de ta faute si j'ai un ongle incarné (...)  Les ciseaux de cuisine ? D'accord...  Attends (...) T'inquiète, il n'y en pas pour longtemps (...) Tu vois la brosse que tu aimes bien (...) oui, la Jean-Louis David (...) et bien maintenant, c'est un râteau."

(Tableau de C. Morcrette)

mardi, 29 janvier 2008

L’heure de la fouine

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13 h 30, c'est son heure. Il entre dans la brasserie avec son regard de fouine, raide comme un piquet, et s'installe devant le comptoir. C'est le coup de bourre ; les plats du jour jaillissent de la cuisine, la machine à café est à plein régime, les additions sont attendues, les deux garçons courent dans tous les sens. L'homme, costume-cravate, attend un moment en jetant des coups d'œil furtifs à gauche à droite. Un demi se pose devant lui. Il l'attrape, le porte à ses lèvres et boit tout ce qu'il peut, le coude bien haut, la tête en arrière, les yeux plissés. La pomme d'Adam s'affole. Il repose le verre. Il en reste un fond, avec de la mousse encore toute frémissante. Il dépose quelques pièces sur le zinc. Soupèse le verre. Son regard perçant fait un tour d'horizon, puis il avale le reste du demi. Toujours sans un mot, après un vague geste du bras vers le patron, il se dirige la tête haute vers la sortie et disparaît dans la rue.

(Paris 18)

lundi, 28 janvier 2008

J’aurai ta peau

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Un bon petit verre de vin, deux-trois coussins, une lumière douce, un gâteau dans le four (voir la note "La baleine"), un bath de bouquin, au hasard : Tu paies un canon ? (John Crosby) ; Demande à la poussière (John Fante) ; Mon Vieux, (Thierry Jonquet) ; Le Général sudiste de Big-Sur (Richard Brautigan) ; La Dame dans l'auto avec des lunettes et un fusil (Sébastien Japrisot) ; Comme des rats (Patrick Rambaud) ; un Brautigan, un Bukowski, un Fréderic Dard, un Blaise Cendrars... et j'aurai ta peau sinistre dimanche.  

(Cadaquès, Espagne)

dimanche, 27 janvier 2008

La vielle dame du parc

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Chaque jour à la même heure, la vieille dame sur son banc, très digne, enlève ses chaussons, les glisse sous le banc, attrape ses chaussures, les enfile, puis se lève, perdue dans son manteau trop grand. Elle fait quelques pas dans les allées du parc, en laissant derrière elle trois gros sacs Tati pleins. Elle revient s'asseoir, enlève ses chaussures, les posent sous le banc, puis saisit les chaussons qu'elle glisse à ses pieds. Elle croise les jambes, s'installe de côté sur une fesse, le coude sur le dossier, la tête posée dans la main, et attend.

(Parc Roger Salengro, Clichy)

samedi, 26 janvier 2008

La pieuvre géante

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Fini les parties de foot improvisées dans le square en bas avec le pull qu'on posait à quatre pas de l'arbre pour faire le second poteau de but. Fini le marché le dimanche matin avec la trottinette et le bonbon à la boulangerie. Fini les chahuts impromptus, la Pieuvre géante, l'Araignée tueuse, le Cheval fou. Fini le circuit chronométré en vélo autour du kiosque à musique. Fini le match "A deux mains" "A deux pieds" "A deux genoux" "A deux yeux" etc. qui se prolongeait chaque jour un peu plus au moment de se dire bonsoir. Fini la crêpe-Nutella - la carotte - après l'ascension de la butte Montmartre.
Elles ont grandi.

(Baie de Bonifacio, Corse)

vendredi, 25 janvier 2008

Tu vas voir ce que tu vas voir

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Elle :
"T'es sûr que c'est comme ça les branchements ?
Lui :
- Mais oui.
- Ce n'est pas du tout ce qu'ils disent dans le mode d'emploi, regarde.
- T'inquiète, je connais moi.
- Ah bon ? Tu connais d'où ?
- C'est pas la première fois que je branche une imprimante, excuse-moi.
- Peut-être, mais là...
- De toutes façons, on ne va pas y arriver à deux. Alors, tu me laisses faire, à ma manière, tu vas voir.
- Je sais pas si on va voir grand chose.
- Zut !
- (...)
- 'chier merde. Qu'est-ce c'est que ce p..... de b.... de merde.
- Ca marche pas ?
- Tu vois bien que ça marche pas enfin. C'est vraiment mal foutu. Fais voir... qu'est-ce qu'ils disent là-dedans ?"

(Paris 18)

mardi, 22 janvier 2008

La mouette rieuse

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Ce matin je voudrais être un caillou posé sur une falaise et regarder la mer toute la journée.
Il fait bon, le soleil chauffe doucement, au loin les voiliers filent dans la brise. Une mouette arrive. Elle se pose sur moi. Regarde à gauche, à droite, pousse un grand cri. Et me chie dessus.
Je finis mon café et pars au boulot.

lundi, 21 janvier 2008

Des clous

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"Tu as vu la boîte?
- Tu as trouvé ça où?
- Dans un vide-grenier. 4 euros, tu peux y aller, pour du cuivre, c'est pas cher.
- Tu es sûr qu'elle est en cuivre ? On voit pas bien...
- Il faut que je la nettoie... Comme boîte à bijoux, ça serait pas mal. Tu pourrais même installer un petit cadenas là, tu vois ? Qu'est-ce que tu en penses ?
- Hum... Tu ne m'avais pas dit que tu avais besoin d'une boîte à clous?"

(Damme, Belgique)